Donner mon petit coup de main.
Lorsque la pandémie s’est déclarée et que des cas ont été admis en Suisse, je me voyais difficilement rester à la maison en télétravail.
Je ne m’imaginais pas répondre à une épidémie d’une telle ampleur en Europe, et je suis soulagée de pouvoir participer, à mon niveau, à cette mobilisation incroyable. Aux HUG, les soins intensifs ont vraiment été étendus sur plusieurs bâtiments. Des salles d’opération, de réveil, de soins intermédiaires et d’autres services ont été réaffectés à l’accueil des patients atteints du Covid-19.
Quand j'arrive pour prendre mon tour de garde...
Quand j'arrive pour prendre mon tour de garde, je découvre le bloc dans lequel je serai affectée pour les 12 prochaines heures. Le chassé-croisé entre ceux qui commencent leur tour et ceux qui le finissent est impressionnant car nous sommes très nombreux !
A l’entrée des vestiaires, c’est le moment de choisir et d'enfiler sa tenue pour la nuit. Dès que l’on pénètre dans les zones où les patients sont intubés, on doit impérativement enfiler des masques FFP2 ou aussi appelés masques « canards », porter une charlotte sur la tête, des lunettes de protection et une blouse.
Les deux premières semaines, je me suis occupée de plusieurs « jeunes » patients, âgés de moins de 55 ans, dont beaucoup ont pu être extubés et remontés à l’étage des soins continus. Certains sont sortis quelques jours après. Ces nouvelles positives nous font tenir le rythme.
On ne voit habituellement pas autant de patients intubés.
On ne voit habituellement pas autant de patients intubés. Là, ils le sont tous, parfois couchés sur le ventre pour améliorer leur respiration. A mon arrivée, on nous a prévenus que selon l’évolution de la crise, nous pourrions potentiellement nous retrouver avec cinq patients intubés par infirmier. Heureusement, nous n’en sommes pas arrivés là et la situation est plutôt en train de s’améliorer.
Le personnel soignant est le seul lien entre la famille et le patient.
Dans cette situation hors du commun, la solitude des patients est ce qui me marque particulièrement. Il y a quelques jours, un des patients dont je m’occupais allait lui aussi fêter son anniversaire. Nous avons le même jour de naissance. Moi, j’ai pu le fêter en famille, même si c’était par skype. Lui, il a passé le cap de ses 80 ans seul.
Les parallèles avec mes expériences d'humanitaire, je les vois essentiellement dans les craintes qu'inspire la maladie.
Quand je pense à mes collègues de Médecins Sans Frontières engagés sur certains terrains, je me dis que ça va être dur. Je sais que qu'ils se préparent et aident à la mise en œuvre des mesures de prévention pour éviter que la maladie se propage. Mais les ressources humaines vont faire défaut et la prise en charge ne pourra pas être la même qu'ici, en Europe.
En ce moment, en Suisse, je suis d’ailleurs un petit peu sur le terrain si j’en crois la réaction de mes proches qui me disent : « Maintenant que tu n’es plus dans un pays dangereux, il faut que tu ailles te fourrer dans le Covid ! ». Heureusement qu’ils me font confiance !
Kathrine Zimmermann
Infirmière spécialisée en soins intensifs formée en Suisse, Kathrine Zimmermann a travaillé par le passé au service des soins intensifs de pédiatrie et de néonatologie aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), puis s'est engagée comme humanitaire en Afrique et en Amérique latine. Depuis quatre ans, elle occupe le poste de responsable du programme d’amélioration des soins de santé au siège de Médecins Sans Frontières (MSF) à Genève.
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